Perplexes

Publié le par Nol&Rob

Si on a trainé les pieds pour écrire le premier message sur l’Inde non Himalayenne, ce n’est pas par flemme, ni parce qu’on vous a oublié ou qu’on s’est lassés de tenir un blog. Non, si on a encore rien écrit c’est parce qu’on ne savait tout simplement pas par où commencer. Dès notre arrivée à l’aéroport de Delhi, notre espace vital s’est retrouvé en état de siège. A chaque instant, l’environnement est responsable d’un débordement d’émotions fortes et contradictoires. L’émerveillement succède au dégoût. L’Inde nous met dans tous nos états et nos avis se font et se défont plus vite qu’il ne faut pour l’écrire. Plutôt que d’essayer de mettre de l’ordre dans ce foisonnement d’émotions, voici en vrac, une première série de clichés du Rajasthan, la célèbre « terre des rois ». Et des autres.

La rue est couverte de détritus. Déchets organiques de toutes sortes se décomposent rapidement sous le soleil indien et dégagent une odeur infecte. De l'eau ruisselle à travers les tas d’ordures avant de rejoindre les égouts à ciel ouvert qui courent le long des portes des maisons. "Click".

Nous interpellons un tuktuk pour nous rendre à l’hôtel. Ce dernier ne dispensant pas de commission, un intermédiaire s'interpose et nous explique qu’il est trop cher, qu'il est en travaux, qu'il a brulé, qu'il est dans une zone dangereuse de la ville et qu'il ne faut pas y aller. Il propose donc en bon samaritain de nous emmener dans un autre hôtel pour un prix exorbitant. Nous déclinons gentiment puis beaucoup moins et enfin très méchamment quand le dixième intermédiaire interfère dans notre discussion avec le chauffeur. "Click".

Du toit de l'hotel, au « rooftop restaurant », nous dominons la ville. Le vacarme des rues semble lointant, un oasis de calme au coeur de la tourmente. La couleur dominante bleue est entremêlée d’ocre et de blanc et le désordre de la ville est magnifique. Le tableau est sublimé par le fort qui nous surplombe majestueusement. "Click".

Derrière les ordures, à chaque détour de rue, nous nous arrêtons devant un temple coloré, une maison à la façade soigneusement sculptée ou une peinture délicate sur un mur. "Click".

Des enfants nous tendent la main «roupies, roupies ». Des femmes attrapent notre bras et tendent la paume en montrant leur bébé. Des adolescents amputés des deux jambes s’agrippent a nos chevilles pour attirer notre attention.   "Click"

Comme à chaque fois, la visite du mausolée/palais/temple/fort ne manque pas de nous émerveiller. Chaque pierre, de grés ou de marbre a été soigneusement travaillée. Les forts ont la solidité de la pierre et la finesse de la dentelle. Le Taj Mahal est tout à fait à la hauteur de sa réputation. Les palais d’Udaipur, le fort de Jodhpur, les temples de Jasaimer nous laissent des souvenirs impérissables. "Click"

Les murs du palais d’Udaipur se fissurent et certaines cours sont laissées à l’abandon. Le fort de Jaisalmer s’enfonce dans le sol chaque année un peu plus. Le système d’évacuation des eaux usées, vieux de plusieurs centaines d’années, n’a pas été dimensionné pour les hôtels qui se sont développé en son enceinte. Les associations de conservation organisées par des Maharaja destitués de pouvoir ne font bien souvent que limiter les dégâts et nous doutons que le droit d'entrée, cher, soit employé uniquement à la restauration. "Click"

Devant nous, un temple. Nous enlevons nos chaussures et tombons sur un professeur en art. Sympathique, il nous offre des explications sur le temple et la religion hindouiste, qui n’a de cesse de nous fasciner. Elle rappelle la mythologie grecque par la multitude des histoires et légendes qui l’entourent. "Click"

La visite conclue, notre guide improvisé nous invite découvrir son atelier. Son « élève » nous reçoit et cherche à nous vendre avec insistance une œuvre qui, dit-il, sera exposée la semaine suivante à Paris XVème. Biensûr.

Notre cours de cuisine va commencer. Notre professeur nous apprend en quelques heures les bases de la cuisine rajahsthani. Les masala ou mélange d’épices nous ravissent à chaque repas et nous en comprenons maintenant la complexité . La viande que nous nous refusons depuis près de deux mois ne nous manque pas le moins du monde. "Click".

Les remerciements sont ternis lorsque notre cordon bleu essaye de nous vendre, avec insistance, des masalas et des récipients. "Click".

Dans la rue, tuktuks, motos et voitures évitent la collision de justesse. Ils zigzaguent entre les vaches et les zébus nourris aux détritus et frôlent les piétons. Il semblerait que l'utilisation intempestive du klaxon prévienne l'inévitable, au prix d’un état de tension permanent pour le piéton européen. "Click". 

Il est six heures et la ville est en pleine effervescence, on se fraie un chemin parmi des saris rouges, safrans et roses bonbon. Les bazars résonnent de vie et débordent de couleurs et d’odeurs d’encens et d’épices. "Click".

Tous nous sollicitent pour acheter un carnet relié en cuir, une sculpture, des fermetures éclairs (!), des colliers ou un sari. No thank-you ! No thank-you ! devient notre litanie quotidienne. "Click".

On finit par s’installer sur les deux chaises qu’un vendeur de jus de fruit a posé devant son échoppe. Nous sirotons un « sweet lemon juice ». Un délice. Nous sommes loin d’être seuls. Hommes, femmes et enfants, tous s’arrêtent pour un jus de fruit ou un lassi. Le soleil va bientôt se coucher, la ville devient dorée et a certainement à cette seconde quelque chose de magique. "Click".
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Publié dans Agra & Rajasthan

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P
<br /> MAGNIFIQUE CE REPORTAGE... bonne poursuite à voux deux on vous embrasse<br /> <br /> <br />
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C
<br /> beaucoup de rappel d'images et de sens.<br /> Un pays que j'ai aimé, adoré mais aussi qui m'a dégoûté parfois, souvent... L'Inde, ça touche nos sens, on n'y est pas insensible.<br /> Merci pour ce partage.<br /> ++<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Merci pour ces extraits d'émotions ! On s'y croirait presque ...<br /> Des bisous.<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Superbe reportage !<br /> <br /> <br />
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